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Critique artistique « Lille
2004 »
Résumé
La
manifestation « Lille 2004 » et ses « Maisons Folie »
restera peut-être gravée dans les annales. Ainsi, en préambule à diverses
expositions artistiques dont nul ne saurait remettre en cause la légitimité – hier
déjà, ne saluait-on pas les Naïfs Yougoslaves, et ne rendait-on pas hommage à
la folie de Van Gogh ? – le public régional et international attendu à
Lille s’est-il vu confronté au spectacle désolant d’enfermements
carcéraux lourds de réalisme, et dont les défenseurs des droits de
l’homme, d’ordinaire si prompts à réagir à tout comportement inquiétant, ne se
sont même pas emparés, malgré l’indécence qu’il y a à banaliser le désespoir
dans un pays - la France d’aujourd’hui – où le suicide fait trois fois
plus de victimes que la route. Que voyait-on ? L’alignement sombre et sordide, dans l’artère
principale de la ville, de containers éclatés ouvrant sur des barreaux et le
spectacle hallucinant d’enfermements démentiels ou carcéraux. L’ambition
peut-être avouée d’une telle opération était visiblement de créer un choc. Pour
le moins, elle était de produire de manière brute, la confrontation d’un public
préjugé
trop cartésien par l’université du moment pourtant à la dérive.
Le mobile inavouable mais notoirement à
la mode, hélas, dans ce même milieu universitaire, est d’en découdre avec
l’esprit de Raison, avec la logique rétrograde que Descartes n’a pas élagué
lui-même, certes, l'arbre qu'il a effectiveement planté !
« - Faut-il regretter la
France d’hier ? » ose-t-on parfois nous demander encore, non sans
quelque ironie, pour faire de l’audience par tous les moyens, même les plus
inquiétants …
Lorsqu’ en
1985, Jean-Louis Foulquier crée l’évènement des Francofolies de la Rochelle, se
livre-t-il à la promotion
de l’hérésie que la présente critique artistique reproche
à la manifestation « Lille 2004 » ? Certainement pas ! De
même que le french-cancan fait partie intégrante du paysage culturel français.
Ce qui
caractérise la dérive tient donc plus aux intentions pédagogiques qu’au mot
« folie ». Pas besoin de faire un procès d’intention : il était
tristement manifeste que le but n’était pas de réjouir mais bien d’agresser le
passant, et pour le moins, de prendre le contre-courant de l’esprit encore
heureusement attaché à la raison.
Document créé ou modifié le mercredi 30 novembre 2011 à 10:56 - retour á EN HAUT du document